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Mitaines anti UV : indice de protection, matières et usage au volant

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Mitaines anti UV : indice de protection, matières et usage au volant

Le dos de la main appartient à la courte liste des zones exposées au soleil toute l’année sans que personne y pense. Elle reste découverte quand le reste du corps est habillé, elle se trouve en première ligne au volant, sur un guidon ou sur une canne de marche, et elle reçoit une dose cumulée bien supérieure à celle du visage sur une vie entière. Les mitaines anti UV répondent à ce constat, à condition de comprendre ce que recouvre réellement l’indice affiché sur leur étiquette, et ce qu’il ne garantit pas.

Ce que mesure un indice de protection textile

L’indice utilisé pour les textiles s’écrit UPF, pour facteur de protection contre les ultraviolets. Son principe reprend celui du facteur des crèmes solaires, transposé au tissu : il exprime le rapport entre le rayonnement reçu par la peau nue et celui qui la traverse une fois le textile interposé.

Un tissu noté UPF 40 laisse ainsi passer environ un quarantième du rayonnement ultraviolet, ce qui correspond à plus de quatre-vingt-dix-sept pour cent de rayonnement arrêté. Un indice 50 monte à environ quatre-vingt-dix-huit pour cent. La progression est fortement décroissante : passer de 20 à 40 divise par deux la dose transmise, passer de 40 à 80 ne fait gagner qu’environ un pour cent de rayonnement supplémentaire arrêté. Au-delà d’un certain seuil, l’écart entre deux indices relève davantage de l’argument commercial que de la différence perceptible sur la peau.

Deux précisions changent la lecture de cet indice. La première est qu’il porte sur le tissu, mesuré à plat et à sec en laboratoire, pas sur l’objet fini une fois porté. La seconde est qu’un tissu ne protège que la surface qu’il couvre : une mitaine laissant les doigts découverts ne protège pas les doigts, quel que soit l’indice de la maille.

Ce que dit la norme européenne, et ce qu’elle ne dit pas

Mitaine longue en tissu technique clair couvrant le dos de la main et l’avant-bras

En Europe, deux textes encadrent le sujet. Le premier décrit la méthode de mesure de la transmission du rayonnement à travers une étoffe. Le second, la norme EN 13758-2, fixe les conditions de classification et de marquage des vêtements présentant des propriétés de protection contre le rayonnement solaire.

Ses exigences sont précises. Le vêtement doit atteindre un indice supérieur à 40 et présenter une transmission moyenne dans le domaine UVA inférieure à cinq pour cent. Une condition de couverture s’y ajoute : pour le haut du corps, le vêtement doit couvrir de la base du cou jusqu’aux hanches, avec des manches descendant aux trois quarts du bras ; pour le bas du corps, de la taille jusque sous la rotule. Une mitaine, prise isolément, ne remplit évidemment pas cette condition et ne peut donc pas porter ce marquage, même si l’étoffe dont elle est faite a été testée selon la méthode associée.

Cette subtilité explique la variété des mentions rencontrées sur le marché. Un accessoire peut légitimement annoncer un indice mesuré sur son tissu, mais la référence à la norme européenne de marquage des vêtements de protection solaire n’a pas la même portée sur une paire de mitaines que sur un haut manches longues. La norme rappelle par ailleurs que l’efficacité diminue quand le vêtement est étiré, mouillé, ou usé, trois situations qui concernent particulièrement un accessoire épousant la main.

Indice affichéPart du rayonnement arrêtéeLecture pratique
UPF 15 à 24environ 93 à 96 %Protection légère, insuffisante en exposition prolongée
UPF 25 à 39environ 96 à 97 %Protection correcte pour un usage courant
UPF 40 à 50environ 97,5 à 98 %Niveau visé par les textiles conçus pour le soleil
UPF 50 et plusenviron 98 % et au-delàGain marginal par rapport au palier précédent

Mitaines anti UV : le tissage compte plus que la couleur

L’idée reçue veut qu’un tissu foncé protège mieux qu’un tissu clair. Elle contient une part de vérité, car un colorant sombre absorbe davantage de rayonnement, mais elle passe à côté du paramètre dominant : la densité du tissage. Un rayonnement qui passe entre deux fils n’est ni absorbé ni réfléchi, il arrive directement sur la peau.

Sur des mitaines anti UV, cette hiérarchie a des conséquences concrètes. Une maille ajourée noire protège moins bien qu’un tissu serré blanc. Un jersey fin étiré sur la main voit ses mailles s’ouvrir et son indice chuter par rapport à la mesure faite à plat. Un tissu mouillé par la transpiration devient plus transparent au rayonnement, l’eau remplissant les interstices et modifiant la diffusion de la lumière.

Une comparaison éclaire l’ordre de grandeur : un tee-shirt de coton blanc ordinaire, sec et non étiré, offre une protection modeste, très inférieure à celle d’un tissu conçu pour l’exposition. Le même tee-shirt mouillé descend encore. Ce constat vaut pour une mitaine de maille souple achetée pour l’esthétique et portée au soleil : elle couvre, ce qui vaut mieux que rien, mais elle ne se comporte pas comme une étoffe conçue et mesurée pour cet usage.

La nature de la fibre intervient ensuite. Le polyester absorbe naturellement une partie du rayonnement ultraviolet, ce qui lui donne un avantage de départ sur le coton à densité de tissage comparable. Certaines fibres reçoivent en outre un traitement d’absorbeur intégré à la matière, plus durable qu’un traitement de surface qui part au lavage. L’élasthanne, présent dans presque toutes les mitaines de sport pour le maintien, joue dans les deux sens : il assure l’ajustement mais autorise l’étirement qui ouvre la maille.

Le poids de l’étoffe reste un indicateur simple et fiable. À construction équivalente, un tissu plus lourd laisse passer moins de rayonnement. Le compromis est immédiat, car un tissu lourd tient plus chaud, ce qui devient un défaut lorsque la protection est recherchée précisément par temps ensoleillé.

Au volant, une exposition qu’on ne ressent pas

La conduite constitue le cas d’usage le plus documenté, et le plus contre-intuitif. Les vitres arrêtent la quasi-totalité des UVB, ceux qui provoquent le coup de soleil et la sensation de brûlure. Elles se comportent très différemment vis-à-vis des UVA, dont la longueur d’onde plus grande pénètre plus profondément dans la peau et intervient dans son vieillissement.

Le pare-brise est en verre feuilleté : un film intercalaire y est pris entre deux couches de verre, et ce film filtre efficacement le rayonnement UVA. Les vitres latérales, elles, sont généralement en verre trempé sans intercalaire, et laissent passer une part notable de ce rayonnement. Les dermatologues décrivent depuis longtemps l’asymétrie de vieillissement observée chez les personnes qui conduisent beaucoup, le côté exposé à la vitre latérale présentant davantage de marques que l’autre.

Les mains sont concernées au premier chef, puisqu’elles restent en haut du volant, dans l’axe du pare-brise et près de la vitre du conducteur, sans jamais donner le signal d’alerte d’un coup de soleil. Une mitaine couvrant le dos de la main répond directement à cette exposition, et sa forme ouverte préserve la sensibilité tactile nécessaire à la conduite. Le confort dépend alors d’un ajustement précis, sans pli dans la paume : la méthode de mesure figure dans notre guide des correspondances de tailles de gants.

Les autres usages où le dos de la main compte

Mains gantées de mitaines claires posées sur un volant, lumière du soleil de côté

Le vélo place les mains à l’horizontale, paumes vers le bas, dans une position d’exposition maximale pendant plusieurs heures. Les mitaines de cyclisme couvrent traditionnellement la paume pour l’amorti et laissent le dos de la main aéré, ce qui est exactement l’inverse de ce qu’exige la protection solaire. Les modèles conçus pour l’été combinent donc une paume ventilée et un dos couvrant.

Le jardinage, la marche avec bâtons, la pêche, le kayak et la voile placent les mains dans des configurations comparables, souvent sur des durées longues et avec une réverbération importante sur l’eau ou le sable. Le port répété d’un même accessoire finit par créer une démarcation nette au poignet, signe visible d’une exposition cumulée que la peau enregistre.

Une mitaine ne remplace pas les autres gestes de protection, et la conduite à tenir en cas de peau réactive, de traitement photosensibilisant ou d’antécédent particulier relève d’un professionnel de santé. Le textile a simplement l’avantage d’agir en continu, sans réapplication et sans dépendre du dosage, là où une protection à étaler doit être renouvelée régulièrement et l’est rarement sur les mains, qu’on lave souvent.

Choisir et entretenir une paire sans perdre l’indice

Trois critères pratiques suffisent au choix. La couverture réelle vient en premier : jusqu’où le tissu remonte sur les doigts et sur l’avant-bras détermine la surface protégée, et c’est le seul paramètre qu’aucun indice ne compense. La densité du tissu vient ensuite, appréciable à l’oeil en le tendant devant une source de lumière : moins on distingue de points lumineux entre les fils, meilleure est la barrière. L’ajustement termine le tri, puisqu’un modèle trop juste s’étire et perd une partie de son efficacité.

L’entretien préserve ou détruit cette efficacité. Un textile traité en surface perd progressivement son traitement au lavage, tandis qu’un absorbeur intégré à la fibre reste stable. L’usure mécanique, l’amincissement du tissu aux zones de frottement et la décoloration réduisent tous la protection. Une paire dont la maille laisse voir le jour aux articulations a cessé de faire son travail, quel que soit l’indice imprimé à l’origine.

Les fourchettes de prix constatées sur le marché français vont d’environ dix à vingt-cinq euros pour un modèle en jersey technique simple, et de vingt-cinq à cinquante euros pour un tissu à absorbeur intégré et coutures plates. Le choix de la teinte reste ouvert, en gardant à l’esprit qu’un coloris sombre absorbe davantage de rayonnement mais chauffe aussi davantage au soleil, avec les questions de tenue de la couleur détaillées dans notre article sur les effets de la teinture noire. Pour un usage hivernal, la logique s’inverse complètement et se rapproche de celle décrite dans notre comparatif des mailles polaires par grand froid.